Le web de la peur
Stratégie de Communication
Les médias ont cela de formidable qu’ils sont un bel indicateur des évolutions et mentalités d’une société.
Le web –comme avant lui le cinéma – permet ainsi d’identifier les peurs du moment, bien évidemment exploitées pour générer de la viralité. Ainsi, pour reprendre l’exemple de François Rousseau dans son dernier billet, les vidéos de pop-corn et téléphone déboulent sur la toile à l’heure où l’on pointe les portables du doigt comme les futurs pourvoyeurs de cancer.
En parallèle, nos boites mails sont abreuvées de courriels dénonçant les facéties économiques de notre ère, véritables ou fabulées. Et sans avoir rien demandé, on y apprend que l’industrie alimentaire nous intoxique, que ce soit à travers la saga du maïs transgénique (décidément, il faut se méfier du pop-corn !) ou de l’huile de vidange qui circulerait dans notre vinaigrette, notre surimi ou nos cookies. Sans oublier l’épopée pétrolière et la supposée conspiration autour du prix du baril qui grève nos budgets, nous condamnant à réduire nos sorties cinéma – mais heureusement, il y a le web pour retrouver l’ivresse de la frayeur ! ;)
Il y a déjà 3 ans que sortait le livre « La Société de la peur » de Christophe Lambert (pas l’acteur, l’autre : celui de Publicis ! Editions Plon 2005 - par ici pour en lire un extrait). Il pronostiquait déjà un nécessaire basculement des valeurs et le retour en puissance de marques porteuses de sens. Quoi de neuf depuis ?
Cette peur, qui est aujourd’hui d’ordre écologique et économique, fait émerger plus que jamais cette quête de valeurs et de sens.
Alors pour poursuivre la réflexion de Stéphane Donic et François Verron sur ce que pourra être le web de demain, je rêve d’un Internet fait de marques transparentes dans ce monde où l’on apprend à devenir de plus en plus méfiant. Où la consommatrice que je suis pourrait tracer ses produits de prédilection, savoir de quels pays proviennent les ingrédients, s’ils sont issus de l’agriculture bio et vérifier qu’ils n’ont pas été fabriqués par des mains enfantines. On en est d’ailleurs peut-être pas si loin avec le chariot MediaCart.
Je rêve d’un web où les entreprises répondraient ouvertement aux questions sensibles autrement que lorsqu’elles y sont acculées par la pression de l’image et des finances. Je rêve d’un web où ces mêmes entreprises me parleraient de leur métier, de leurs problématiques et perspectives, de leur politique de management, des raisons qui les ont poussées aux choix stratégiques qui ont été les leurs.
Je rêve d’un web où la relation consommateurs est valorisée, où le client est respecté et pas seulement perçu comme un portefeuille. Peut-être alors ces mêmes clients respecteraient-ils mieux eux-mêmes les entreprises...
Ainsi le blog « De quoi je me M.E.L. » a assurément joué un rôle important dans la gestion de la crise des steacks hachés avariés de Leclerc en septembre 2005, tout comme le site quiestlemoinscher.com n’est vraisemblablement pas anodin dans la perception positive de l’image prix de Leclerc par les consommateurs.
Quelles entreprises oseront ainsi franchir le pas ? Quelles entreprises refuseront les dictats de leurs peurs internes pour une communication authentique, responsable et sans tabou, en réponse aux nécessaires besoins du web de la peur ? … La suite en live sur la toile.










